EQUIPE 4 : NEUROPSYCHOLOGIE ET NEUROPHYSIOLOGIE DU VIEILLISSEMENT NORMAL ET PATHOLOGIQUE

Membres de l’équipe

Responsable : A Dufour

Olivier DESPRES (PR2 Unistra),  André DUFOUR (PR1 Unistra), Ségolène LITHFOUS (MC Unistra), Marjorie COURTES (PhD Student), Louise TROCMET (PhD Student), Julia DEVANNE (PhD Student)

Primatologie : Hélène MEUNIER (IR Unistra) , Sébastien BALLESTA (MC Unistra) , Vinciane FACK (PhD Student) , Laura MARMOL (PhD Student), Jamie WHITEHOUSE (Post-Doc), Tony CALMETTE (PhD Student), Anthony ROIG (PhD Student, Université de Rouen), Louise LOYANT (PhD Student, University of Portsmouth)

Douleur et vieillissement

Près d’une personne âgée sur deux souffre de douleurs chroniques, contre 30% dans les autres tranches d’âge. Une piste intéressante pour expliquer cette vulnérabilité à la douleur chronique chez les séniors est le lien, observé par plusieurs auteurs, entre les fonctions exécutives (inhibition, attention, flexibilité, prise de décision) et l’inhibition endogène de la douleur. En effet, les personnes qui présentent de hautes performances exécutives résistent plus longtemps à une stimulation douloureuse prolongée que les celles qui ont de faibles performances. Le cortex préfrontal étant le siège des fonctions exécutives, son altération structurelle et fonctionnelle chez les personnes âgées pourrait être une cause de déficit d’inhibition endogène de la douleur. Sur le plan fonctionnel, les mécanismes en jeu dans l’inhibition descendante sont complexes et les déficits observés chez les personnes âgés peuvent opérer à plusieurs niveaux. Une possibilité serait une diminution, chez la personne âgée, des capacités attentionnels qui interviennent dans les processus d’inhibition cognitive de la douleur. Notre objectif est donc de vérifier cette hypothèse en évaluant les performances de résistance à une douleur tonique (modèle expérimental de la douleur chronique) en lien avec le niveau cognitif des sujets.

Nos études expérimentales de la douleur chez l’Homme ont également pour objectif d’améliorer les méthodes d’évaluation de la douleur. Nos recherches se focalisent aussi bien sur les méthodes subjectives telles que les mesures sensorielles quantitatives que sur les techniques objectives tels que les potentiels évoqués somatosensoriels obtenus par enregistrements électroencéphalographiques.

La problématique d’évaluation de la douleur se situe également au niveau des outils de stimulation utilisés. En effet, les seuils de détection de la température sont généralement exprimés en tant que température ou puissance de sortie du dispositif de stimulation, principalement parce qu’il est très difficile de mesurer avec précision la température exacte de la région cutanée qui est stimulée. De plus, la température de la région cutanée stimulée est fonction de plusieurs facteurs, notamment la température initiale de la peau, le coefficient d’échange entre la peau et la surface de stimulation et la capacité de la peau à diffuser de la chaleur à travers les tissus. A l’aide de différents modèles, nous essayons de caractériser plus finement le fonctionnement des fibres thermo-nociceptives dans le but d’identifier des modifications avec le vieillissement.

Cognition chez le primate non-humain

Le primate est au cœur des grands questionnements sur nos origines et, par sa proximité avec l’Homme, s’avère un modèle précieux pour la compréhension de nombreux processus cognitifs. Au Centre de Primatologie, une approche pluridisciplinaire basée principalement sur l’observation des comportements, permet d’étudier les capacités cognitives des primates non humains et d’appréhender notamment :

  • Les processus mnésiques et attentionnels, et l’impact du vieillissement sur ceux-ci
  • Les précurseurs de la théorie de l’esprit, i.e. discrimination apparence-réalité, perception de l’attention, des intentions, prise de perspective d’autrui
  • L’influence du système social sur les performances cognitives, la communication, les interactions sociales et les processus décisionnels mis en jeu.

 

Un nouveau programme de recherche a également démarré en 2018, axé sur les processus neurobiologiques sous-tendant les mécanismes neuroadaptatifs, et cognitifs en particulier, en lien avec la socialité des espèces étudiées. Ces recherches sont réalisées à l’échelle de l’individu comme à l’échelle du groupe et s’appuient notamment sur de l’imagerie cérébrale par résonance magnétique.

En parallèle des recherches suscitées, nous développons constamment de nouveaux outils et techniques, éthiques et autonomes, e.g. modules automatisés d’apprentissage et de tests en libre accès, eye-tracking. Ces dispositifs sont adaptés à l’étude des performances cognitives individuelles chez des primates vivant en groupes sociaux et évoluant en semi-liberté, permettant ainsi d’optimiser le bien-être de nos animaux.

Projets associés

André DUFOUR – Modélisation des récepteurs thermo-nociceptifs

Olivier DESPRES – Méthodes d’évaluation de la douleur

Ségolène LITHFOUS – Vieillissement cognitif et douleur chronique

Hélène MEUNIER & Sébastien BALESTA – Cognition chez le primate

Collaborations

  • A Truini, La Sapienza, Rome
  • P Hüllemann, KSC, Kiel
  • M Hübli, SCRI, Zürich

 

  • ManyPrimates – https://manyprimates.github.io
  • Judith Burkart – Université de Zürich, Suisse
  • Julia Lehmann – Université de Roehampton, UK
  • James Rivière – Université de Rouen, France
  • Shelly Masi – Musée de l’Homme, Paris, France
  • Francesc Salvador Beltran – Université de Barcelone, Espagne
  • Martine Vercauteren – Université libre de Bruxelles, Belgique

Partenaires

Strasbourg Pain Initiative

EURIDOL